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Comment écrire ?

5 astuces d’écriture pour donner du peps à votre biographie

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Vous avez déjà écrit le premier jet d’une biographie personnelle ou familiale ? Bravo, mille fois bravo ! Il ne vous reste plus qu’à parachever votre œuvre.

Cette phase de « révision », trop souvent négligée, est pourtant cruciale pour que votre texte donne le meilleur de lui-même.

Voici cinq points à prendre en considération au moment de retravailler votre écrit.

Le but ? Gagner en précision, en vivacité, en personnalité. Finalement, en impact !

 

1. Éliminez les redondances

Nous utilisons, la plupart du temps, plus de mots que nécessaire.

Comparez par exemple :

  • « La décision que je pris à ce moment-là, à savoir choisir d’abandonner ce travail, allait aussitôt entraîner d’étonnantes conséquences »
  • « Je décidai alors d’abandonner ce travail, ce qui entraîna d’étonnantes conséquences ».

La phrase garde exactement le même sens, mais elle se lit beaucoup plus facilement !

N’ayez pas peur de ne pas écrire assez « riche ».

Parfois, une écriture « riche » n’est rien d’autre qu’une écriture « grasse » ou lourde…

L’abondance de mots non justifiés peut nuire à la compréhension, dérouter ou ennuyer le lecteur.

En vous relisant, essayez de raccourcir vos phrases en étant aussi précis que possible : votre texte n’en sera que plus percutant.

 

2. Variez la longueur de vos phrases

Les phrases courtes, c’est bien. Mais point trop n’en faut. L’excès de dégraissage nuit. Le rythme devient robotique.

Inversement, une autobiographie ou un livre de famille composé uniquement de phrases longues provoque une sensation d’essoufflement… voire d’étouffement.

De toute façon, des longueurs toujours comparables mènent tout droit à la monotonie.

Pour donner de la vivacité à votre texte et tenir le lecteur en éveil, alternez les phrases courtes et les phrases longues. Comme quand vous parlez !

« J’appuyais tendrement mes joues contre les belles joues de l’oreiller qui, pleines et fraîches, sont comme les joues de notre enfance. Je frottais une allumette pour regarder ma montre. Bientôt minuit. C’est l’instant où le malade qui a été obligé de partir en voyage et a dû coucher dans un hôtel inconnu, réveillé par une crise, se réjouit en apercevant sous la porte une raie de jour. Quel bonheur, c’est déjà le matin ! » (Marcel Proust, Du côté de chez Swann)

 

3. Privilégiez les verbes actifs

La voix active est bien plus simple et fluide que la voix passive.

Comparez :

  • « Ma robe de mariée a été réalisée par une couturière amie de la famille »
  • « Une couturière amie de la famille a réalisé ma robe de mariée »

Les constructions passives renversent le déroulement logique de l’action. Elles sont donc plus alambiquées, et souvent plus longues.

Quand vous privilégiez les constructions actives, vos lecteurs voient immédiatement l’action et votre récit devient plus incisif.

 

4. Chassez les clichés

Vous les connaissez, ces expressions toutes faites, rabâchées et rebattues que nous utilisons tous.

Avoir les cheveux « blonds comme les blés » ou « noirs comme le charbon », « brûler d’un désir ardent » ou se souvenir que « la vie n’est pas un long fleuve tranquille »…

Au moment de leur création, ces images étaient originales, évocatrices.

À force d’avoir été prononcées, elles ont perdu leur saveur.

Même s’il est impossible d’éliminer tous les clichés, traquez-les et remplacez-les par vos propres mots, qui découlent de votre manière de voir.

Par exemple, comment pourriez-vous reformuler, à votre façon, l’expression désormais convenue « La vie n’est pas un long fleuve tranquille » ?

 

5. Dites adieu aux « mous »

Ce sont ces mots que nous utilisons pour renforcer ou atténuer le sens de notre propos : « un peu », « plutôt », « très », la plupart des adverbes en « -ment »…

Toutes ces facilités d’écriture affaiblissent votre expression, la diluent.

Par exemple, comparez :

  • « la robe était un peu usée » avec « la robe était défraîchie »
  • « je me sentais vraiment heureux » avec « je me sentais comblé » ou « j’avais l’impression de rayonner », par exemple.

Dans les deux cas, la seconde expression est plus parlante, plus immédiate, plus forte.

Repérez toutes ces constructions dans vos écrits. Puis, voyez si elles peuvent être remplacées par un terme plus précis et plus approprié.

Cherchez en vous – et dans le dictionnaire – les mots qui correspondent le mieux à votre intention.

C’est l’un des grands plaisirs de l’écriture, non ?

5 réponses sur « 5 astuces d’écriture pour donner du peps à votre biographie »

C’est une très utile piqûre de rappel qui nous est faite : vous constaterez qu’elle m’a profité puisque je cumule trois fautes en une seule phrase 🙂

Et sans le faire exprès, bien sûr 😉
Cela dit, nous écrivons tous plus ou moins ainsi spontanément. D’où l’intérêt de retravailler nos textes, pour les rendre plus incisifs.

Pas toujours facile de trouver le juste compromis entre le bon vieux cliché et l’image alambiquée qui énerve… Il m’arrive de taper une expression dans un moteur de recherche. Si c’est un cliché, ça se voit tout de suite !

Ah oui Laetitia, bonne idée pour éviter les clichés !

Pour trouver de nouvelles images en restant simple, il faut essayer de rapprocher des mots venant d’univers différents. Je pense à « sourire de givre », que Léopold Sédar Senghor a employé pour évoquer New York. Comme il y a des « sourires de satin », par exemple.

Joli !!

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