Esprit(s) de famille au Japon : Azusa

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famille japonaise années 1950

Azusa a 36 ans. Depuis quelque temps, je la croisais régulièrement dans un restaurant d’inspiration japonaise où j’ai mes petites habitudes.

Mais c’est dans un atelier d’artistes que je l’ai rencontrée par hasard il y a quelques jours, juste avant qu’elle ne quitte la capitale pour s’installer dans le Midi.

« Par hasard » ? Azusa ne croit pas au hasard !

 

« Les Japonais sont plutôt discrets. Même chez eux ils ne parlent pas de leurs histoires de famille, de peur d’être entendus par les voisins : les murs des maisons sont fins!

Je ne sais donc pas grand-chose au sujet de mes ancêtres, d’autant que ça ne m’intéressait pas quand j’étais enfant.

D’ailleurs, j’ignore si je parlerai spontanément de l’histoire familiale à mes propres enfants. Je trouve important qu’ils aient d’abord envie de la connaître, qu’ils posent des questions. »

 

Puzzle

« J’ai connu mes grands-parents et deux de mes arrière-grands-parents. C’est seulement après mon installation en France que j’ai eu envie d’en savoir plus sur eux. D’une façon générale, j’ai commencé à me sentir japonaise quand j’ai quitté le pays !

Quand je retourne au Japon, j’interroge mes grands-parents paternels. Ils m’ont raconté quelques bribes de leur histoire : leur enfance, la guerre, la misère… Paysans dans le nord-ouest du pays, ils cultivaient du riz, des légumes, du thé vert…

japon culture du riz

Le peu que je sais me suffit pour analyser, interpréter, mieux m’expliquer qui je suis. Je fais des liens entre les différentes pièces du puzzle familial et je comprends mieux ma personnalité. »

 

Esprits

« La mémoire familiale est gravée dans mes gènes. Je crois aussi à la réincarnation, aux esprits.

Chaque année, se déroulait une fête pour accueillir les esprits des ancêtres.

À cette occasion, on amassait du petit bois, puis on faisait un feu pour protéger la famille.

Je me souviens aussi qu’on rendait visite à tous nos voisins, leur demandant s’ils voulaient offrir quelque chose pour nos ancêtres défunts. Nous formions une communauté.

fête âmes morts japon Obon

Tout au long de l’année dans la maison, on déposait de la nourriture sur l’autel dédié aux ancêtres.

Quand un membre de la famille décédait, un moine du temple écrivait son nom sur une tablette de bois que nous placions ensuite sur l’autel.

Je n’ai jamais vu de fantômes mais je sais que les esprits existent. J’aimerais rencontrer ceux de mes ancêtres. Selon moi, la mort n’est qu’un passage. Il n’y a pas que des choses tangibles et de la matière ! »

 

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