Histoire(s) de familles du monde : embarquement immédiat !

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Famille en IranAujourd’hui, je vous emmène en voyage ! Asseyez-vous confortablement (vous n’avez même pas besoin d’attacher votre ceinture !) et envolez-vous vers la première destination de notre tour du monde : celui des « histoires de familles ».

Il y a quelque temps, je me suis demandé comment l’histoire familiale se vit aux quatre coins ( 🙂 ) de la planète :

Quelle est la place des ancêtres ? S’intéresse-t-on à leur parcours ? Comment se transmet l’histoire de la famille ? Est-ce qu’elle s’écrit ? Des arbres généalogiques existent-ils ?

Histoires de vie

Sur ce plan du moins, qu’est-ce qui nous distingue les uns des autres sur cette Terre ? Qu’avons-nous en commun ?

Ces questions, je me les suis posées et j’ai eu envie de les poser. Un entretien sera publié chaque mois ; voici le premier !

Ces fenêtres sur le monde n’ont pas vocation à établir des généralités, encore moins des vérités : partout sur la planète, chaque famille est unique.

Mais ces histoires de vie nous permettront peut-être de nourrir notre curiosité et, pourquoi pas, de mieux nous connaître. En tout cas de voyager un peu 😉

 

1re escale : l’Iran babak

Babak, 42 ans, vit désormais à Montréal, où il enseigne le français et la littérature francophone. Cet Iranien nous parle de son histoire familiale particulière et du rapport qu’il entretient avec elle…

 

« Il ne manque pas d’hommes et de femmes illustres dans ma famille, du côté paternel comme du côté maternel. Je connais leurs parcours parce qu’ils me les ont racontés et que j’en ai entendu parler par mes propres parents.

Par exemple, mon arrière-arrière-grand-père paternel, qui était maréchal, est devenu ministre de la guerre, l’un des leaders de la révolution constitutionnelle en Iran (1905-1906) et premier ministre après la victoire de cette révolution. »

Collection de photos

« J’ai la chance de posséder des documents écrits sur mon histoire familiale, comme les mémoires rédigées par cet aïeul, par exemple. Mon père les a rassemblées dans un volume, puis les a publiées.

Plusieurs livres sur notre famille ont d’ailleurs été édités, et nous possédons un arbre généalogique.

J’ai toujours été curieux de m’informer sur la vie de mes ancêtres et je collectionnais même leurs photos, par exemple. »

Mohammad-Vali-Khalatbari-cabinetL’ancêtre de Babak devenu premier ministre en Iran,
entouré des membres de son cabinet.

 

« Je garde beaucoup de respect et d’intérêt au sujet de mes ancêtres mais, en vieillissant, je suis de plus en plus convaincu que la vraie grandeur d’une personne réside moins dans son rôle historique que dans sa personnalité. »

« Il m’arrive de m’énerver »

« Connaissant leur vie et m’intéressant à la psychologie, il m’arrive de m’adonner à de vraies analyses sur mes ancêtres. Mais il ne faut pas que je m’en occupe trop, car il m’arrive de m’énerver à leur sujet !

Surtout lorsque j’observe que leur manque de connaissances ou leur égoïsme ont affecté mes parents, qui ont alors reproduit le même schéma, affectant à leur tour la vie de leurs enfants…

C’est surtout de cette manière que mes ancêtres, jusqu’à mes parents, ont joué un grand rôle dans ce que j’ai été amené à vivre. »

Flatter leur orgueil

« Aujourd’hui, je suis convaincu que les enfants sont beaucoup plus sensibles à ce que les parents font qu’à ce qu’ils leur disent de faire.

Et je pense que les gloires des ancêtres comptent encore moins dans l’éducation des enfants, si ce n’est que cela flatte leur orgueil ou les incite à effectuer des actes héroïques sur le modèle des ancêtres. »

timbre-histoire-famille-IranAu centre de ce timbre, le roi d’Iran Ahmad Shah Qajar.
À gauche, l’ancêtre de Babak, Mohammad-Vali Khalatbari.
Au-dessus de son portrait, il est écrit : « Liberté, Justice ».
À droite, Sardâr-Assad Bakhtiari, au-dessus duquel on lit « Égalité, Fraternité ».

 

Des erreurs rassurantes

« Lorsque mes aïeux sont à l’origine d’actes louables dont l’effet se ressent jusqu’à ma génération, je ne peux qu’être fier, évidemment.

En même temps, le fait qu’ils aient pu commettre des erreurs prouve qu’ils étaient des êtres humains, comme moi-même. Hier, c’était leur tour de jouer un rôle sur la scène de ce monde et aujourd’hui c’est le mien, alors je peux agir sans crainte d’erreur. Comme je suis perfectionniste de nature, les imperfections de mes propres ancêtres me rassurent ! »

 

Découvrez d’autres escales de la série
« Histoire(s) de familles du monde »

 

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4 réflexions au sujet de « Histoire(s) de familles du monde : embarquement immédiat ! »

  1. Ayant voyagé en Iran et rencontré en France des Iraniens émigrés, je reconnais ces histoires familiales. C’est un beau récit nuancé qui prend des distances mais demeure attaché à l’histoire.

    • Merci pour ton commentaire.

      Oui, il me semble à moi aussi que Babak a trouvé la bonne distance. Ce n’est pas toujours simple, même quand on a des ancêtres « ordinaires » !

      A part ça, je trouve que l’Iran est un pays intéressant, surprenant et attachant. Tu as bien de la chance de l’avoir visité !

  2. La formule de cette série d’articles ne manque pas d’originalité ni d’intérêt. Les propos de ce monsieur sont très proches de la psychogénéalogie et je m’attendais à quelque chose de plus iranien. Comment peut-on être persan ?

    • Bonjour Jean-Michel,

      et merci pour votre commentaire. Eh bien il n’y a pas de façon particulière d’être Iranien, ou Persan comme disait Montesquieu. A l’époque de ce dernier, un Iranien était une chose rare, inconnue en France, ce n’est plus le cas actuellement 🙂

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