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Quel temps choisir pour écrire une (auto)biographie ?

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A quel temps faut-il mettre les verbes lorsqu’on veut écrire une autobiographie, un livre de famille ou l’histoire d’un proche ?

Comme vous le savez, trois temps peuvent être employés pour le récit : le passé simple, le passé composé et le présent.

Tous ont leurs avantages et leurs inconvénients, chacun produit des effets différents et donne une couleur particulière à votre texte.

Allez, je vous emmène pour un petit voyage dans le(s) temps !

 

Le passé simple, prince du récit ou vieux schnock guindé ?

Le passé simple est, par excellence, le temps de la narration.

Il y a quelques décennies encore, il ne serait venu à l’idée de personne d’en employer un autre pour écrire une biographie ou une autobiographie (ou tout récit, d’ailleurs).

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Aujourd’hui, on a tendance à le juger désuet (voire archaïque), scolaire (voire intello).

Le passé simple peut sembler un peu raide, surtout dans certaines formes comme « nous partîmes » ou « vous vous levâtes ».

Mais à la 3personne du singulier ou du pluriel, ça passe déjà beaucoup mieux (« je partis », « ils se levèrent »).

Il introduit une distance entre les événements et la personne qui écrit, mais aussi entre les événements et le lecteur.

Choisissez-le si vous voulez donner l’impression que les faits dont vous parlez sont éloignés, que les protagonistes de votre histoire font partie d’un passé révolu.

Le passé simple montre une succession d’actions reliées les unes aux autres (ce n’est pas le cas pour le présent ou pour le passé composé, comme nous allons le voir dans un instant).

Voilà pourquoi le passé simple est si adapté à la narration. « Je me retournai une dernière fois pour rencontrer son regard, puis mis la main sur la porte et l’ouvris. »

passe-simple-biographie-autobiographie« Il était une fois… » Le passé simple, temps des contes et des légendes.

Le passé simple ouvre sur l’imaginaire, et pas seulement dans les contes de fées ou les légendes.

Or, chatouiller l’imaginaire de vos lecteurs, c’est pas mal du tout ! Même si les faits que vous rapportez sont rigoureusement exacts.

« Un jour de 1886, Alphonse et Albertine prirent le train pour Paris dans l’espoir d’y retrouver ce riche cousin » (à comparer avec « Un jour de 1886, Alphonse et Albertine ont pris le train pour Paris dans l’espoir d’y retrouver ce riche cousin »).

Si les actions sont racontées au passé simple, les personnages, le décor, le contexte doivent être décrits à l’imparfait.

D’un côté, on a donc le passé simple qui permet au récit d’avancer ; de l’autre, l’imparfait qui décrit l’arrière-plan.

L’alternance des deux provoque un contraste dynamique que l’on ne trouve pas dans les textes au présent, où tous les verbes sont au présent…

Grâce à la concordance des temps, le passé simple permet d’employer toutes les formes du passé (passé antérieur, plus-que-parfait, imparfait du subjonctif…).

Vous pouvez alors montrer avec nuance et précision l’ordre dans lequel se sont déroulés les événements.

Inconvénients : vous devez maîtriser ou apprendre la concordance des temps.

 

Quelques phrases montrant que l’on peut écrire au passé simple sans être pédant :

« Après que le bossu m’eut allumé le feu, je m’informai de la bectance. Il n’était pas tout à fait l’heure du dîner. Donc, je m’étendis sur le lit, sans quitter mon pardessus, et ramenai les couvertures sur moi. A côté de moi, se trouvait l’éternelle table de nuit rachitique, où l’on cache le pot de chambre. Je mis le réveil sur la table et regardai les minutes ticque-tacquer. » Henry Miller, « Tropique du cancer »

 

Le passé composé, « proche des gens » ou gros lourdeau ?

Au fil des années, le passé composé a pris du galon.

Il a remplacé le passé simple à l’oral, ainsi qu’à l’écrit.

Aujourd’hui, on peut lire des autobiographies ou des biographies au passé composé, surtout si elles sont destinées au grand public et rédigées par des journalistes.

Mais l’écrivain Annie Ernaux, par exemple, l’emploie aussi dans ses récits autobiographiques.

Le passé composé est double, avec un pied dans le présent et un pied dans le passé : « Elle a fermé la porte ».

Ainsi, on voit à la fois l’action (elle ferme la porte) et son résultat (la porte fermée). Ce qui fait dire à certains que le passé composé n’est pas adapté à la narration.

« Nous avons été réveillés par la fusillade… […] Bon. Et alors ? L’histoire est finie avant d’avoir commencé. Tandis que : « Nous fûmes réveillés par la fusillade »… Tu vois ! Tu as dressé l’oreille. Tu attends la suite. » Extrait du livre « Audouard raconte Pagnol »

• Contrairement au passé simple, le passé composé donne à voir une succession d’actions détachées les unes des autres, sans effet de « chaîne ».

Reprenons un exemple donné plus haut pour le passé simple et mettons-le au passé composé : « Je me suis retourné une dernière fois pour rencontrer son regard, puis j’ai mis la main sur la porte et je l’ai ouverte ».

Conséquence : les actions se suivent sans créer d’attente chez le lecteur.

passe-compose-autobiographie-biographie-familleLe passé composé laisse la porte ouverte entre passé et présent.

Du fait même qu’il est composé, il est lourd, souvent plus lent que le passé simple. Il amène aussi de nombreuses répétitions des auxiliaires être et avoir, difficiles à éviter même avec un gros travail d’écriture.

Le passé composé donne l’impression que les faits sont relativement proches dans le temps, en tout cas davantage qu’avec le passé simple. Avec lui, nous ne sommes pas très loin de l’histoire, ni des « personnages ».

Comme beaucoup d’autobiographies « journalistiques », celle d’Usain Bolt est écrite au passé composé (oui, je vous présente des exemples variés !) :

« J’ai longtemps cherché sur une carte du monde. J’ai mis des siècles à dénicher la Hongrie, et, quand je l’ai finalement trouvée quelque part au milieu de l’Europe, Debrecen m’est apparue comme les antipodes de la Jamaïque. Quelle expédition ! On a d’abord pris l’avion pour Londres, puis un bus entre deux aéroports, puis un autre avion pour la Hongrie, et on nous a encore conduits au milieu de nulle part. Le voyage était interminable. » Usain Bolt, « Plus rapide que l’éclair »

 

Le présent, vivant ou aplatissant ?

Depuis les années 1950 et le nouveau roman, il est devenu banal de lire des romans écrits au présent (en littérature jeunesse, il est même difficile d’y échapper).

Autobiographies et biographies ont suivi le mouvement, dans une moindre mesure il me semble.

Avec le présent, on est au cœur de l’action : les faits se déroulent sous les yeux de l’auteur comme du lecteur ; nous sommes tout près des protagonistes, nous sommes même avec eux.

Mais si le présent est « plus vivant », il réduit la perspective : on n’a aucun recul sur les événements, pas de regard rétrospectif.

Il me semble qu’un récit au présent donne un côté « caméra objective ». Le revers de la médaille est que le ton est un peu froid.

Avec le présent, il n’y a pas de différence entre le temps de l’action, le temps du décor, le temps du commentaire : tout est au présent, ou presque.

Du coup, pas de possibilité de jouer sur les contrastes, comme lorsqu’on passe de l’imparfait au passé simple ou au passé composé par exemple.

Quand on écrit un texte au présent, la conjugaison et la concordance des temps sont relativement simples.

L’inconvénient : beaucoup de contorsions (et de potentielles confusions) si vous voulez naviguer dans le temps, faire des retours en arrière ou des anticipations, donner votre point de vue actuel… ce qui est souvent le cas dans une biographie personnelle ou familiale.

Exemple type :

« Quelques jours après la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, ma grand-mère tombe enceinte de ma mère. Ma grand-mère sera vite veuve. Le pauvre Innocent sera tué pendant la bataille de la Meuse dans la forêt de Jaulnay. Ce jour-là, l’ennemi avait violemment attaqué les positions françaises. À 9 heures du matin, alors que les premiers obus allemands cisaillent la forêt de Jaulnay, le bataillon dans lequel se trouve mon grand-père reçoit l’ordre d’aller renforcer la droite d’un autre bataillon qui tient la lisière est du bois. Le combat est terrible et sanglant, deux mille morts dans la seule journée du 27 août. Mon grand-père est tué dans l’après-midi. On ne retrouvera jamais son corps. Peut-être repose-t-il aujourd’hui sous l’Arc de Triomphe… » Anne-Marie Mariani, « Le Droit d’aimer »

 

Le temps du choix

Ce tour d’horizon vous fait-il pencher pour un temps plutôt qu’un autre ?

Employez-vous instinctivement un temps particulier ?

Avez-vous déjà essayé de changer ?

Par exemple, vous pouvez écrire un court texte dans un temps du passé puis le transposer au présent (ou l’inverse) : finalement, lequel préférez-vous ?

Et au-delà de tout ça, il y a votre projet d’écriture particulier (autobiographie ou histoire familiale tirée d’une généalogie, par exemple) et la façon personnelle dont vous l’envisagez.

Autre choix à faire : celui du pronom. Allez-vous écrire en disant « je », ou à la 3e personne ?

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34 réponses sur « Quel temps choisir pour écrire une (auto)biographie ? »

Excellente analyse : les avantages et inconvénients de chaque temps sont bien montrés. Mais je ne recommanderais pas trop chaudement le passé simple avec les formes duquel beaucoup de gens sont en délicatesse. À son propos je me permettrais une confidence autobiographqiue : dans ma vie je n’ai entendu qu’une seule personne l’employer à l’oral dans la conversation courante, c’était une vieille dame née en 1856…

Merci Jean-Michel. C’est vrai, le passé simple ne l’est pas tant que ça… Pourtant, je dois dire qu’il m’a convaincue, alors que je ne penchais pas particulièrement pour lui avant de rédiger cet article.

Vous avez donc connu une dame, née en 1856, qui utilisait le passé simple à l’oral ! Contact direct avec une autre époque… Cela fait son effet !

angelvin brigittedit :

Ah le temps ! Une grande histoire à lui tout seul ! Passé, présent, futur ! Le temps de conjuguer, le temps de vivre, le temps de lire ! Prenons le temps d’écrire, pour que le temps passé continue à vivre dans nos vies futures !!!! Mais attention de ne pas entremêler passé, composé, présent, futur, au risque de se perdre dans les méandres du temps … de la conjugaison !!!
Merci Hélène pour cet article si précis et complet qui va me permettre de mieux travailler mes temps !!!! 😉
Brigitte

Merci à vous, Brigitte, pour ce texte souriant… et pertinent.

Profitez bien du temps de repos de ce week-end 😉
Hélène

Jean-Pierre Trussartdit :

Dans un texte relatant l’histoire familiale à destination des successeurs, je préfère utiliser le présent pour tenter de faire revivre au lecteur les évènements vécus par ses ancêtres. Ils sont, comme vous le soulignez, de ce fait au coeur de l’action et cela les touche.
Pour des commentaires insérés en encart dans le texte, relatifs au contexte ou à des villages, je préfère la passé, simple ou autre.

Merci pour vos avis.

Bonjour Jean-Pierre,

merci de parler des encadrés, je n’avais pas pensé à les prendre en compte dans l’article.

Le présent pour l’action dans le texte « courant », le passé pour le contexte/le cadre dans les encadrés : cela me paraît être un très bon choix. A envisager, si cela s’y prête : utiliser toujours la même forme du passé dans les encadrés, pour donner une homogénéité.

A bientôt !
Hélène

Merci pour cette analyse. J’ai un gros faible pour le passé simple, même si le présent est plus facile. Comme vous l’avez expliqué, le passé permet plus de nuances et une ligne de temps plus claire. J’aime le challenge de la concordance. Je fais des erreurs, tente de les corriger. D’ailleurs si vous connaissez un site qui explique les règles sans trop en faire, ça m’intéresse. Je pense qu’il faut choisir le temps qui vient instinctivement en écrivant, et qui peut être différent d’un projet ou d’un texte à l’autre. Pour ma part, je commence à écrire, découvre le temps qui se présente, essaie parfois d’en changer (pour voir) et finit par choisir une bonne fois. Il me semble que Ie temps « instinctif » est toujours le meilleur, c’est celui qui transcrit le mieux l’état d’esprit de celui qui écrit.

Bonjour Laetitia,

tout à fait d’accord avec vous sur le « temps instinctif ». Dans la conclusion, j’avais d’ailleurs commencé à écrire « suivez votre instinct », avant de me dire qu’alors tout ce qui précédait dans l’article ne servait à rien !

Voici une page bien faite sur la concordance des temps : http://www.espacefrancais.com/la-concordance-des-temps/

Mais cela ne devrait empêcher personne d’écrire librement. S’il y a des erreurs dans la concordance des temps, ce n’est pas grave du tout puisqu’on peut se corriger ensuite 🙂

A bientôt, bonne journée,
Hélène

Bonjour Hélène,
Merci pour le lien que j’ai ajouté à mes favoris. Je prends plus la concordance des temps comme un jeu que comme une contrainte. Ca me rappelle les cours de grammaire et de conjugaison… Nostalgie… 🙂
A bientôt,
Laetitia

La nostalgie des cours de grammaire et de conjugaison : voilà qui laissera songeur bon nombre d’entre nous ! 🙂

Disons qu’il s’agit surtout de nostalgie de l’enfance !

Bonjour Hélène,
Ah les temps du passé ! Le pas si simple et le passé compliqué, un sujet qui turlupine le cerveau qui tient la plume ! Alors merci pour cette excellente synthèse, claire, précise, que j’ai eu plaisir à lire. Tu remets bien en perspective l’utilité de chaque temps et l’impact de son utilisation sur le lecteur. Je n’écris que des textes courts, articles de blog, de journal, des écrits sans prétention. Je me laisse porter par l’air du temps si j’ose dire et lorsque la mélodie du texte s’installe, il arrive que ça fredonne dans la tête du lecteur. Amitiés.

Joli ! L’écriture est une musique qui vient de l’intérieur 🙂

Merci Gloria, pour ce commentaire qui aurait (conditionnel) tendance à me laisser sans voix et bravo pour tous ces écrits sans prétention mais qui en jettent. J’invite tout le monde à lire celui-ci, courte biographie écrite en grande partie… au futur : http://lulusorciere-archive.blogspot.fr/2015/04/un-21-avril-1896-constantinople.html

Bisous !

Bonjour,
Je viens de lire le texte : bravo ! Admirable jeu avec les temps, mélange subtil de passé, présent et futur qui produisent un effet saisissant !
Je note l’adresse du blog. Merci,
Laetitia

Je suis tombée par hasard sur votre site.
L’on (psy et autres) me dit : « Tu devrais écrire ! » J’ai essayé de trouver un Atelier d’Ecriture à LORIENT .Mon projet n’intéressait pas!… (Il y en a tant en effet d’histoires de ce genre! Cela devient rébarbatif !
Si ,ce que je vais lire dans votre GUIDE PRATIQUE peut me donner la
Pulsion pour le faire enfin !…Car a 75 ans il en est plus que temps!
J’avais peur de m’y mettre, de me plonger dans ces souffrances et
D’aggraver ma dépression.
Si vous daignez me lire et me répondre,
Merci infiniment!

Donc,je vais vous lire. J’espère que j’irai enfin au delà de ces velléités,
angoisses, qui me retiennent.

Bonjour Jeannig,

tout d’abord, il faut savoir que les réticences à se lancer sont fréquentes. Peur de ne pas y arriver, peur de réactiver des souffrances…

Et en même temps, vous avez eu le courage d’aller voir un psy. C’est donc que vous êtes capable de regarder ces souffrances en face, parce que vous savez que c’est le seul moyen de les surmonter.

Je suis donc certaine que vous trouverez le courage de prendre la plume.

Écrivez des textes courts, selon ce qui vous vient à l’esprit : rien ne vaut les petits pas !

Quant aux ateliers d’écriture, votre démarche était bonne. Si je comprends bien, vous ne vous êtes pas sentie suffisamment accueillie.
Peut-être parce que cet atelier n’était pas spécialisé dans l’autobiographie ?

Avez-vous la possibilité d’en contacter un autre à la rentrée ? Ecrire (pas forcément des textes autobiographiques, d’ailleurs) en bonne compagnie, ça fait du bien 🙂

J’ai l’impression que vous avez en vous beaucoup de ressources.

Revenez quand vous voulez, Jeannig

Hélène

ce blog est très informatif.Merci.

Merci à vous, Franck. Je vous dis donc à bientôt !

maikorichdit :

merci beaucoup pour ces réflexions si riches sur le temps à utiliser…. et merci aussi pour les commentaires. Je vais me remettre à l’ouvrage, et sans doute, mais avec peu d’habilité, utiliser deux temps, l’un pour les encadrés, et l’autre pour le récit. Que je choisis de mettre au passé simple…. et l’autre à l’imparfait … le fait de réécrire ce qui l’est déjà va certainement me permettre de débloquer mon écriture, d’en prendre à la fois plus de distance ( en évitant les commentaires ) mais aussi plus de force et de suspens … enfin, je crois … donc j’essaie …
je vous tiens au courant
merci pour tout

Merci pour votre commentaire.

Reprendre ce qui a déjà été écrit est toujours profitable. Vous pourriez même y prendre beaucoup de plaisir 🙂

Alors oui, tenez-moi au courant !

Michel Goffindit :

Bonjour et merci à vous Hélène.
Je me permet de donner un avis à propos du message de Jeannig.
Par expérience le fait de mettre par écrit son histoire et les évènements qui ont fait souffrir et surtout d’exprimer son ressenti constitue une EXCELLENTE thérapie. Et là , la conjugaison n’est pas primordiale. Rien n’empêche d’ailleurs d’écrire en s’adressant à un défunt . Cet exercice est souvent préconisé par les psy.
Par contre pour écrire son histoire dont le but est de la transmettre je me demande si une formule basée sur le temps par rapport au moment ou on l’écrit ne serait pas la formule la plus aisée. Exemple, relater le passé au passé , le ressenti au présent, et le future pour les projets.
Comme vous pouvez le constater ma prose est très mauvaise.
J’espère m’améliorer!!!

Bonjour Michel,

j’espère que Jeannig lira votre commentaire.

Je vous rejoins au sujet des temps, pour plusieurs raisons.

Vous mettez en évidence une des limites du présent : quand on veut commenter le passé avec notre regard d’aujourd’hui, le fait que tout soit au présent provoque un effet étrange et parfois incompréhensible.

Par exemple : « A 18 ans, départ pour 18 mois de service militaire, une expérience que je trouve sans grand intérêt ». Qui parle dans « je trouve » : la personne d’hier ou celle d’aujourd’hui ?

Selon moi, utiliser le passé comme temps principal est vraiment le meilleur choix (je dis « temps principal » car en général, une autobiographie ou un livre de famille consiste surtout à retracer des événements passés) ; avec les commentaires d’aujourd’hui au présent et le futur au futur.

Merci, Michel. Et bien sûr que vous allez vous améliorer. Je suis sûre que vous connaissez déjà le « secret » : écrire de plus en plus fréquemment 🙂

A très bientôt !

Pascalinedit :

Il est vraiment chouette votre blog !
J’ai une fois eu à corriger la biographie d’un monsieur qui avait conjugué absolument tous les verbes à l’imparfait ! Quel temps passé à essayer d’arranger cela. J’ai bien souvent choisi le passé simple en substitution.
Mais quand tout a été terminé, je me suis demandé si j’avais bien fait. C’était tellement émouvant aussi avec cet usage maladroit… cela donnait : « Le mari de ma sœur me conseillait le mariage. La vie en serait facilitée, les tâches partagées. Pas facile de trouver une femme car les filles acceptaient de se marier, mais pas pour travailler dans les jardins. Finalement j’en remarquais une, qui avait un petit garçon et qui demeurait chez ses parents. Elle connaissait la culture et le travail aux champs. Notre mariage avait lieu le 24 mai 1939, à Le Vernois. Tout se passait bien. »

Bonjour Pascaline,
moi aussi, je trouve que les maladresses sont touchantes. L’idéal selon moi, quand on corrige un texte, est de trouver un équilibre entre le respect de la langue française (ne serait-ce que pour bien se faire comprendre) et celui de la voix/de la personnalité de l’auteur. Et en tenant compte de ce que souhaite ce même auteur, de la diffusion envisagée…

Bonjour Hélène,
Je suis ravie de m’inscrire à votre blog !
Dans un récit au présent, est-il fautif d’employer le passé-simple pour certains passages montrant une action ? Est-ce à cause de la concordance des temps ?
Dans ce cas, quels autres temps sont acceptables dans un récit au présent ?

Bienvenue à vous, Nicole !

Dans un récit au présent, vous pouvez employer le passé simple ou le passé composé si vous faites un flashback : http://www.helenesoula.fr/ecrire-flashback-biographie-familiale-histoire-vie

Parfois un peu de futur : http://www.helenesoula.fr/ecrire-histoire-vie-famille-temps-anticipations-flashback/

Sinon, tout doit s’écrire au présent, puisque les événements sont censés se dérouler sous nos yeux. C’est ce qui donne au présent son côté vivant. La contrepartie est qu’on se trouve limité dans le choix des temps (sauf quand il y a un flashback).

Merci pour votre réponse, Hélène !
Je trouve intéressant l’emploi du présent, pour son aspect vivant, mais je trouve que c’est difficile à manier !
J’apprécie votre site, sa clarté, sa convivialité.
Mais je n’ai pas compris si vous donnez uniquement des conseils ou si vous êtes aussi biographe.
Je n’ai pas encore eu le temps de prendre bien connaissance de votre site.
En tous cas, je vais en partager les coordonnées !

HENRY isabelledit :

Bonjour !
Merci d’avoir mis en oeuvre cet outils, je suis tellement perdue pour écrire ce que je ressens que j’en perd mon latin !

J’espère que cela vous aidera, Isabelle. Avec plaisir 🙂

Bonjour Hélène. Je lis toujours vos infolettres avec beaucoup d’intérêts. Je vous remercie pour tous vos conseils. Je vais mettre en place un atelier d’écriture dans mon village dans le cadre de l’Association que j’ai créée. Je m’inspirerai de vos conseils ! Avec toute ma considération. Annie Laute

Merci, Annie, longue vie à votre projet et au plaisir !

CHAPALAINdit :

Bonjour,
J’ai envie d’écrire l’histoire de ma vie et des moments que j’ai vécu.
Je suis jumelle mais ma sœur jumelle est décédée il y a 25 ans le 29 juin.
J’ai déjà en tête un titre qui se rapporte à notre histoire :
« Qu’est-ce qu’on va faire des jumelles ? »
Cette expression date de notre enfance : aux alentours de 6 à 7 ans.
J’ai envie d’écrire les moments qui m’ont marqués, ceux que j’ai entendus…
Merci pour votre aide.
Odile

Bonjour Odile,
vous avez sans doute beaucoup de choses à dire…
Je ne sais pas si vous désirez écrire pour vous ou pour être lue par d’autres (les deux, peut-être), en tout cas prenez bien soin de réaliser votre envie d’écrire.
A bientôt !
Hélène

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