Quel plan pour votre biographie personnelle ou familiale ? Une structure séduisante

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« Comment construire le plan de mon livre ? » Cette question taraude souvent celles et ceux qui veulent écrire l’histoire de leur famille ou de leur vie.

Aujourd’hui, je vous présente une construction très séduisante !

Eva Kavian, dans Écrire et faire écrire, l’appelle le « texte mosaïque ». Elle en parle surtout à propos des fictions mais il y a matière à écrire une authentique « biographie mosaïque », qu’elle soit personnelle ou familiale.

La différence entre texte mosaïque et recueil

Comme son nom l’indique, le texte mosaïque consiste en un ensemble de courts textes. Mais il ne s’agit pas d’un simple recueil. Dans un livre mosaïque, les fragments sont liés les uns aux autres et combinés de façon à former un ensemble.

Chacun doit contribuer à la cohérence du tout : si l’on supprime un des textes, l’ensemble ne tient plus. Inversement, chaque morceau de la mosaïque peut être lu séparément.

Les textes ne se succèdent pas selon la loi du hasard ou de la mémoire. Ce qui les lie et qui structure l’ensemble, c’est une règle du jeu, une « contrainte », qui porte sur le fond ou sur la forme.

En voici quelques exemples.

Pour écrire l’histoire de votre famille

Pour composer un livre mosaïque, écrire un texte par personnage ou par branche ne suffit pas (ça, c’est un recueil). Vous devez créer un lien entre ces textes.

Un thème commun, comme le métier, le mariage, une difficulté rencontrée au cours de la vie…
Un texte par année ou par mois, si la période que vous traitez est courte et dense. Par exemple, si vous voulez écrire la biographie d’un ancêtre soldat en 14-18.
Un texte tous les 10 ans. Si vous commencez en 1700 et que vous finissez en 2000, vous avez un ouvrage de 31 textes, développant 31 événements généalogiques survenus à 10 ans d’intervalle.
Partir d’un événement historique. Choisissez-en 15, par exemple, pour parler de la vie familiale à ce moment-là.
Des textes suivant l’ordre alphabétique, soit dans leur thème/titre (prénoms, patronymes, noms de lieux, adjectifs, ou encore mots évocateurs et poétiques…), soit par leur première lettre (vous ferez alors une jolie lettrine).
À ce sujet, vous pouvez bloguer votre généalogie en participant au challenge A à Z, qui commence le 1er juin !
● Chaque texte commence ou finit par la même phrase (« Le jour où… », « En mourant, il/elle laisse… »)
● Tous les textes doivent contenir une même phrase ou certains mots (« jusqu’à la dernière minute », « comme si de rien n’était »…)

Pour écrire une autobiographie

Vous pouvez adapter certains exemples ci-dessus à une autobiographie, mais voici d’autres idées :

● Les premières fois.
● Les dernières fois, qu’elles soient tristes ou heureuses
● Les moments clés de votre vie, ceux pour lesquels il y a eu un « avant » et un « après ».
● Les maisons où vous avez vécu.
● Dans chaque texte, parler de votre rencontre ou de votre relation avec une – et une seule – personne qui a compté pour vous. C’est une belle manière de raconter votre vie.
● Ou, dans chaque texte, raconter un moment passé avec une personne, toujours la même. Votre vie racontée à travers vos relations avec votre mère, votre conjoint.e…
● Mettre en scène une émotion différente dans chaque texte.

Les possibilités sont infinies et vous pouvez même combiner plusieurs contraintes : amusez-vous !

La contrainte majeure

Que vous écriviez le livre de votre vie ou celui de votre famille, mieux vaut composer votre texte mosaïque en conservant l’ordre chronologique. Car vos lecteurs doivent pouvoir facilement reconstituer l’histoire dont vous parlez, malgré les interstices entre les textes. La contrainte majeure, c’est celle-ci !

Quand vous avez fini, relisez-vous ou faites-vous relire pour savoir si l’ensemble « fonctionne ». Est-ce que votre mosaïque est complète ? Y a-t-il des morceaux superflus, non pertinents ?

Pas si facile qu’il y paraît au premier abord, le texte mosaïque. Mais le procédé est plus simple qu’un récit au long cours et peut être très amusant. Est-ce qu’il vous donne des idées d’écriture ?

 

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19 réflexions au sujet de « Quel plan pour votre biographie personnelle ou familiale ? Une structure séduisante »

  1. Cela sent l’Oulipo ! Séduisant si on a une visée littéraire, mais dans le cas de l’histoire familiale il peut s’avérer impossible de trouver l’ensemble de sujets qui correspondent à une contrainte donnée.

    • Dans l’absolu, tout ne fonctionne pas. Mais je suis persuadée qu’on peut toujours trouver un « truc » adapté à l’histoire que l’on veut raconter, quelle qu’elle soit.
      Quant à l’Oulipo (http://www1.rfi.fr/lffr/pages/001/page_28.asp), oui, j’y ai pensé en écrivant l’article 😉 Mais on peut faire plus simple !
      Merci Jean-Michel et bon week-end

  2. En effet, avec un texte mosaïque, l’histoire prend une dimension littéraire. Pas si simple. Tout dépend de l’objectif que l’on s’est fixé.
    Je trouve que l’idée peut être particulièrement séduisante dans le cas d’une autobiographie. Comme on parle de soi, il est sans doute difficile d’être objectif, et impossible d’être exhaustif. Le texte mosaïque permet de choisir ce que l’on veut mettre en avant.
    Avez-vous des exemples d’auteurs qui ont procédé de cette manière ?
    Amicalement,
    Laetitia

    • De but en blanc, je ne vois pas d’exemple d’autobiographies ou de biographies écrites selon ce procédé. Et pourtant, il y en a sûrement !

      En revanche, voici les titres de livres donnés par Eva Kavian :
      – Le Décaméron, de Boccace
      La Vengeance de la pelouse, de Richard Brautigan
      Frictions, de Philippe Djian
      Autour de Rita, d’Eva Kavian
      Le Jour du chien, de Caroline Lamarche

      A creuser !

      Merci pour votre message, bonne soirée 🙂

  3. merci pour toutes ces astuces ,pas facile j ai beaucoups beaucoups de fait ,de souvenirs mais vous me donnez des clefs et ca sa compte merci encore a bientot

    • Je suis ravie de pouvoir vous aider, Brigitte.
      Avec tous mes encouragements à continuer !

  4. Je vous adore pour vos écrits. Vous êtes le genre de femme que j’aime: travailleuse, intelligente, courageuse et de surcroît, belle!

  5. Pour écrire une « autobiographie » , procédez a la manière d’un journal.
    Mais l’autobiographie a des tendances narcissiques, pensez vous que votre vie personnelle soit si extraordinaire pour penser qu’elle va intéresser le public ?

    bonne journée
    selma cayol

    • Bonjour Selma,

      que voulez-vous dire précisément par « à la manière d’un journal » ?

      Pour le reste, je n’ai pas l’intention de publier mon autobiographie 🙂 D’ailleurs, la plupart des gens qui veulent écrire ou ont déjà écrit leurs souvenirs n’ont pas non plus cette intention, simplement celle d’offrir quelques exemplaires à leur entourage.

      Parmi toutes les personnes que j’ai pu rencontrer, les narcissiques qui ne cherchent qu’à se faire valoir sont bien minoritaires.

      Beaucoup écrivent leur biographie pour témoigner d’une époque ou d’un combat, pour dépasser un vécu douloureux, pour transmettre le flambeau de l’histoire familiale ; ou encore pour s’expliquer sur des comportements passés et tenter de se réconcilier avec leurs enfants, pour le plaisir d’écrire ou de revivre des souvenirs heureux…

      Bref, il existe beaucoup de raisons. L’envie de partager, d’échanger et d’être utile aux autres y prend souvent une grande place. La réalité est bien loin du cliché !

      Et pour posséder quelques documents rédigés par certains de mes aïeux, dont la vie a été « ordinaire », je puis témoigner que ces écrits sont précieux.

      Cela étant, permettez-moi quand même d’être assez étonnée par votre question, puisque vous me communiquez l’adresse de votre blog, où l’on peut lire des épisodes de votre histoire personnelle et familiale. C’est donc bien que celle-ci vous a semblée digne d’intéresser le public ? Quelle différence faites-vous ?

  6. Merci Hélène pour la présentation du texte mosaïque. Je fais de la généalogie depuis les années 80 ; je suis en cours d’écriture de la vie de mes ancêtres dans l’Histoire, et votre approche me séduit ! Merci.

    • Bonjour Sylvie,

      ravie de vous rencontrer 🙂

      Vous devez disposer de pas mal de matière !
      Bravo d’avoir franchi le pas pour synthétiser et transmettre le fruit de vos recherches (qui ne sont pas terminées, bien sûr, mais vous connaissez sans doute l’essentiel).

      Tenez-nous au courant de vos avancées. Et si vous rencontrez une difficulté ou vous posez une question, vous savez où me trouver 🙂

  7. j’ai commencé d’écrire mon autobiographie en confrontant les dates majeures avec les mêmes dates de l’histoire.Ce brassage.je sens qu’il m’aide à découvrir tas de vérités sur moi-même et sur les autres et surtout sur la vérité historique qu’en pensez-vous?

    • oui, je comprends. Nous sommes le produit de notre époque ; alors, votre démarche de confronter vos dates personnelles et les dates historiques est pertinente.
      Bonne continuation et à bientôt !

  8. Bonjour Hélène
    Il y a 2 points que je ne saisis pas bien, si vous pouviez m’éclairer SVP
    « Pour écrire l’histoire de votre famille
    ● Chaque texte commence ou finit par la même phrase (« Le jour où… », « En mourant, il/elle laisse… »)
    ● Tous les textes doivent contenir une même phrase ou certains mots (« jusqu’à la dernière minute », « comme si de rien n’était »…) »

    Entendez-vous par là que si l’on parle de Lucien, on commence par « le jour où Lucien … » et ensuite « Le jour où Louise … » ?
    Est-ce pour appuyer la force de l’évènement ? pour moins lasser le lecteur ? pour se repérer afin de ne pas oublier … Louise … ?

    Je vous remercie de votre retour et vous souhaite une bonne journée.
    Pascale

    • Bonjour Pascale,

      oui, c’est bien ça : « Le jour où Lucien … », « Le jour où Louise … »

      L’idée du texte mosaïque est en effet que les textes sont liés par une « contrainte ». Par exemple, commencer tous les chapitres de la même façon.

      Est-ce que c’est plus clair, dit comme ça ? Merci 🙂

      • Oui Hélène merci beaucoup pour votre réponse, c’est plus clair.
        J’aime utiliser les répétitions pour donner une forme musicale à mon texte ou pour donner une note poétique ou encore, pour accentuer une idée évidemment.
        A priori, ne pensais pas l’utiliser pour créer un lien entre les textes, merci pour votre conseil.
        Bien cordialement,
        Pascale R.

        • En fin de compte, cette répétition-là donne elle aussi une certaine musicalité, je trouve.
          Merci Pascale, à bientôt !

  9. Merci , Pour ses pistes.
    Depuis très longtemps j’ai rassemblé l’histoire de Ma Famille.
    L’évolution d’une Famille Et La transmission me passionnent .
    Je cherche à réaliser une transmission de mémoires .Depuis 1868 à nos jours.
    Mais le résultat me paraît lourd et difficile à digérer.
    J’envisage de le faire en attendant de conclure ,faire une version courte.
    Avec Des photos ?
    Bravo, Pour votre Blog.
    Cordialement.
    Evelyne

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