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Un peu de méthode(s)

A quoi sert une ligne de vie pour écrire une biographie ?

Quelle est l’une des premières choses que l’on ressent avant d’écrire l’histoire de sa vie ou de sa famille ?

Souvent, une certaine confusion, et même un certain accablement face à la masse d’informations, de souvenirs, de choses à dire.

On se sent envahi dans notre tête et il nous semble qu’on n’arrivera jamais à mettre tout ça sur le papier !

 

Le problème, justement, c’est que cette masse d’informations reste dans notre tête. Et même à des endroits différents de notre cerveau.

 

Y voir plus clair

On a des souvenirs, des associations d’idées, des choses que l’on nous a dites, des informations que l’on a lues par ailleurs…

Tout cela forme comme une espèce de puzzle qui ne demande qu’à être rassemblé. Comment s’y prendre ?

Eh bien il n’y a pas d’autre moyen que de prendre un papier et un stylo, ou de vous mettre face à votre ordinateur !

Objectif : voir plus clair dans cette vie ou ces vies que vous voulez écrire. Vous allez donc dresser une petite chronologie, qui met à plat ce qu’il s’y est passé d’important.

 

Pourquoi créer une ligne de vie avant d’écrire ?

Une ligne de vie est utile pour :

  • avoir une meilleure vision d’ensemble, faire ou refaire le lien entre certains événements, amener à des prises de conscience ;
  • repérer facilement les « trous », les informations importantes à rechercher ;
  • enclencher la remémoration, dans le cas d’une autobiographie (lire mon expérience ci-dessous) ;
  • matérialiser sur un support ce qui est plus ou moins confus dans notre esprit ;
  • faciliter l’écriture par la suite, car la ligne de vie nous évite d’aller à la pêche aux dates pendant que nous écrivons ;
  • mieux distinguer les différentes périodes d’une vie et s’en servir pour construire le plan, surtout si l’on a choisi de suivre un plan chronologique.

 

Développons un peu 3 de ces bénéfices: découvrir des liens, trouver un fil rouge, libérer votre écriture.

Découvrez des liens

En sortant ces informations de votre esprit et en les ordonnant,  vous voyez littéralement le déroulement de la vie concernée et l’appréhendez mieux.

Vous ferez peut-être des liens, découvrirez des correspondances.

Par exemple, vous vous rendrez peut-être compte qu’un événement personnel s’est déroulé en même temps qu’un certain événement historique, ce que vous aviez complètement oublié.

Ou bien, vous réalisez que deux personnes de votre famille ont vécu dans la même rue à deux époques différentes.

 

Trouvez un fil rouge, une structure…

Et puis, ce petit travail fera peut-être apparaître un fil rouge à la vie que vous retracez. Ou du moins, mettra des thématiques en évidence.

Grâce à ces éléments précieux, vous comprendrez mieux la vie que vous allez écrire. Ce qui nourrira évidemment votre biographie !

Cette mise au clair peut même vous aider à construire votre ouvrage : à partir des grandes périodes que vous avez distinguées en les inscrivant, ou autour de moments charnières de la vie en question.

 

Libérez votre écriture !

Et cela va encore plus loin 🙂 Le fait de mieux connaître ces vies, de mieux les comprendre, vous permettra de vous libérer au moment d’écrire.

Au lieu de rédiger en gardant le nez dans vos dossiers, occupé à chercher les faits et dates (c’est souvent le cas si vous écrivez l’histoire de votre famille à partir de votre généalogie), vous pouvez davantage vous laisser aller à l’écriture : une écriture plus personnelle, avec plus de souffle. Une écriture qui vient de l’intérieur !

Cela me fait penser à ce que disait souvent ma première prof de chant : « Les paroles de la chanson, tu dois les connaître plus que par cœur. Parce qu’au moment de chanter, si ton esprit est occupé à chercher la phrase suivante ou à lire les paroles sur une feuille, tu ne pourras pas interpréter pleinement. »

C’est pareil pour l’écriture : si vous cherchez continuellement les informations, vous ne pouvez pas écrire en totale liberté.

Bon, vous ne connaîtrez peut-être pas par cœur toutes les vies que vous voulez retracer ! Mais si vous avez besoin de retrouver une date, il vous suffit de vous reporter au document synthétique que vous avez créé.

 

Pas de regrets

Il n’y a que des avantages, finalement, à cette mise à plat.

Vie par vie, posez sur le papier ce que vous savez. Cela vous prendra peut-être un peu de temps, mais vous en gagnerez tellement ensuite !

Et parce que vous aurez mieux intégré ces vies, vous pourrez les écrire d’une façon plus intéressante et plus vivante.

Bref, vous ne le regretterez pas. Alors à vos stylos !

11 réponses sur « A quoi sert une ligne de vie pour écrire une biographie ? »

Chimelenoubdit :

Bonjour Hélène, votre article tombe à point, je viens de m’apercevoir que des évènements de ma généalogie ne se sont pas produits à la place que je pensais et de ce fait modifient profondément la perception de la « vérité »
Je vais me lancer dans la ligne de vie
Merci pour ces conseils

Bonjour Michèle,

oui, les dates ont parfois leur importance pour approcher la « vérité » d’une vie…
Mettre tout cela noir sur blanc sous une forme simple est forcément éclairant.

Bonnes avancées et à bientôt !

Bonjour Hélène.
Dans mes ateliers d’écriture, je n’aborde pas la ligne de vie. Je procède par thèmes avant tout. Puis par époques : « l’enfance », « l’adolescence », « vie de jeune femme ou de jeune homme », etc. Cependant, certaines personnes retiennent plus facilement les dates. Dans ce cas, je pense que la ligne de vie est appropriée.
Lors de stages de spiritualité ou d’entrepreneuriat (deux domaines bien différents), les animateurs nous ont demandé de tracer notre ligne de vie. C’était très enrichissant. ça permet de voir les oublis liés à la mémoire qui transforme tout notre vécu, et les oublis liés à l’inconscient (lapsus par exemple). C’est très intéressant pour soi afin de progresser dans l’écriture, et aussi afin de mieux se comprendre.
Bonne continuation ! 🙂

Merci Claire, c’est très intéressant, je n’avais pas pensé à cette utilité de la ligne de vie.

C’est étonnant d’entendre certaines personnes citer beaucoup de dates lorsqu’elles parlent de leur vie, tandis que d’autres n’en connaissent presque aucune !

Je ne sais pas si des recherches ont été menées à ce sujet, mais je me dis que lorsqu’on a peu de repères de dates, les risques de transformations par la mémoire sont plus grands, non ?

C’est possible que l’on s’égare lorsqu’on n’a pas de repères chronologiques. C’est possible que la mémoire transforme plus, peut-être. Cependant, n’est-ce pas aussi important d’écrire librement, en faisant fi d’une vérité quelconque ? Ecrire librement pour soi (son autobiographie), sans aucune censure ?! Par contre, pour le récit de vie où l’on veut raconter l’histoire de quelqu’un, cette liberté sans censure risque de ne pas plaire à tout le monde. Qu’en penses-tu ?

Mais il s’agit là d’un autre débat. Je m’égare un peu. Peut-être le sujet d’un prochain article ? Bonne soirée, Hélène. 😉

Oui, je suis d’accord, il ne faut pas chercher la Vérité à tout prix, c’est vain de toute façon. Mais autant je chéris et cultive la liberté, autant j’aime aussi la lucidité vis-à-vis de soi-même et l’honnêteté vis-à-vis des autres. Toi aussi, j’en suis convaincue. Alors, si on adhère sans sourciller aux transformations de la mémoire et aux ruses de notre inconscient, que devient tout cela ?

Ou alors, il faut qu’il y ait une véritable création artistique. Qu’on n’écrive pas une autobiographie mais une fiction, une œuvre littéraire, et que ce soit dit.

C’est la même chose pour la biographie d’un tiers. Pour inventer, transformer, selon moi il faut une démarche artistique. Sinon, pour ma part en tout cas, j’aurais simplement l’impression de m’emparer de la vie de l’autre. Et je comprendrais que ça heurte.

Merci Claire ! Ces questions sur la vérité (la vérité de qui ?), sur la véracité, sont un vaste sujet et une bonne idée pour un prochain article… mais on peut librement en débattre ici même 😉

MichelGoffindit :

Bonjour a vous. Suite à ces différentes considérations je me permet de poser la question: Doit-on se borner à simplement énoncer un évènement, ou faut-il le relater avec ses émotions? Ce qui bien sûr apporte une toute autre dimension au récit . Merci beaucoup pour vos informations et je suis convaincu du caractère indispensable à utiliser la ligne de vie car cela permet de structurer et canaliser les émotions. Un bon mariage entre coeur et raison …

Amicalement

Bonjour Michel,

et merci pour votre commentaire.

Oh oui s’il vous plaît, relatez avec vos émotions ! Ce sera beaucoup plus enrichissant pour vous comme pour vos lecteurs.

C’est ce qui nous intéresse quand nous lisons une biographie : au-delà des faits bruts, savoir comment la personne les a vécus, ce qu’elle a ressenti et pensé, comment elle a réagi (ou pas). Et lorsqu’on écrit, ça fait du bien de mettre des mots sur nos émotions, ça les canalise, effectivement, et ça permet souvent de tourner la page…

En même temps, comme vous le laissez entendre, il ne faut pas en faire trop. Ce n’est ni bon pour soi (si on a tendance à ruminer, par exemple), ni bon à la lecture. Je n’avais pas pensé à ça, mais la ligne de vie peut sans doute aider à se lancer si l’on se sent débordé par les émotions (je ne sais pas si c’est votre cas, je parle d’une manière générale 😉 ).

En tout cas, une biographie entre cœur (émotion) et raison (réflexion), c’est l’idéal !

Bonne écriture et à bientôt, Michel

Evelyne EMPdit :

Merci,Héllene,
je m’accroche à vos conseils,pour commencer la premiere partie ,je fonce,
pour faire un premier jet, aprés avoir beaucoup tergiverser.
j’ai même réaméagè mon bureau, pour être beaucoup plus confortable.
Je m’inspire de votre livre et de votre blog.
Merci, Beaucoup.
Bien Cordialement.
Evelyne(E.M.P)

Merci pour vos retours Evelyne, et avec tous mes encouragements pour votre premier jet : quelle satisfaction de vite obtenir un résultat tangible !

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