« J’ai rassemblé tant d’histoires et d’informations qu’écrire s’est imposé »

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exemple couverture livre généalogie histoire famille

La passion, la curiosité, l’envie de transmettre…. et un peu de méthode restent les ingrédients de base pour écrire un livre de famille.

Jean-Pierre nous parle de sa propre expérience, et de la réaction de ses premiers lecteurs.

 

De quoi parle votre livre, et quel était votre but en l’écrivant ?

Jean-Pierre : J’ai voulu répondre à la demande de mon fils. Celui-ci souhaitait une trace écrite de ce que je savais du passé de ses ancêtres, dont je lui racontais les « aventures » quand il était enfant.

Comme lui, j’avais rêvé en écoutant mon grand-père maternel, né en 1889, me raconter comment il avait rencontré Buffalo Bill et ses Indiens lors de l’Exposition universelle de 1905.

Au cours de sa longue vie, ce grand-père a aussi assisté à l’envol des premiers aéroplanes et à l’alunissage d’Apollo 11 en 1969.

Son père, mon arrière-grand-père, avait été assiégé dans Paris par les Prussiens en 1870 et avait assisté au départ de Gambetta quittant la capitale en ballon.

 

Quand avez-vous commencé à l’écrire ?

Quelques années après mon départ à la retraite, j’ai commencé à noter en vrac, sur mon PC, la plupart des souvenirs que j’avais gardés.

Pour mieux situer dans le temps les personnes dont il était question j’ai réalisé mon arbre généalogique.

Au cours de mes recherches j’ai fait des découvertes passionnantes. J’ai rassemblé tant d’histoires et d’informations que l’idée d’en faire un livre destiné au cercle familial s’est imposée.

À ce jour, j’ai écrit trois livres d’environ 150 pages chacun. Je suis en train d’écrire le quatrième.

 

Aviez-vous fait un plan préalable pour ces livres ?

Non, ce qui est certainement une erreur. J’ai découvert votre blog trop tard, hélas. Vos conseils m’auraient fait gagner du temps.

Dès que, grâce à mes recherches sur Internet, je disposais de « matière » complétant mes souvenirs, je reportais le tout « en vrac » dans mon PC. C’est l’avantage de l’ordinateur sur le papier et le stylo. Pas de ratures, possibilité jusqu’au bout de retravailler et de réorganiser les paragraphes. Je pense que c’est cette liberté qui m’a permis d’aller au bout de mon projet.

Je ne me suis pas astreint à une ou plusieurs pages d’écriture chaque jour. J’écrivais quand j’en avais l’envie et le loisir, mais, surtout, quand les choses étaient claires dans ma tête.

 

C’est-à-dire ?

Comme je vous le disais, j’ai souvent dû faire des recherches (lectures, Internet) pour mieux connaître le contexte social, économique ou historique de tel ou tel événement familial, et tenter de comprendre comment les membres de ma famille avaient pu y faire face. Cette démarche a été très enrichissante pour moi.

J’avoue qu’à un moment, je me suis senti un peu dépassé face à la quantité et à la richesse des informations recueillies. Mais c’est aussi ce qui m’a motivé : impossible pour moi de laisser ce travail sans suite !

Comme je ne suis pas un écrivain, il m’a donc fallu trouver une méthode pour éviter d’être confus. J’ai choisi de travailler par « tomes », un pour chaque branche familiale.

Avec mes notes d’un côté et les photos classées par antériorité de l’autre, je me suis lancé dans la rédaction de l’histoire de chaque couple. Il m’a suffi de raconter leur enfance, les circonstances de leur rencontre (quand je les connaissais, bien sûr) et leur parcours commun.

 

Quels autres choix avez-vous faits ?

À ma grande surprise, mon livre s’est enrichi au fur et à mesure de sa construction, en me documentant sur certains événements vécus par les membres de ma famille.

Par exemple, la Révolution française de 1789, car l’un de mes aïeux a été guillotiné en 1793. J’ai également lu quelques livres et articles de presse traitant de l’exode de mai-juin 1940.

 

Quel était votre rythme de travail ?

Comme je vous l’ai déjà dit, j’écrivais quand j’en avais l’envie et le loisir. Habitant le sud de la France, j’ai privilégié les périodes hivernales pour me consacrer à l’écriture. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de rester trois à quatre semaines sans écrire une ligne.

Parfois, je travaillais le matin uniquement. Mais il y a eu également des moments de grande inspiration où, pendant deux ou trois jours d’affilée,  j’écrivais de 7 h à 19 h en ne m’accordant qu’une courte pause pour déjeuner. Cela a été le cas lorsque j’ai retrouvé les archives militaires de mon grand-père paternel, décoré à l’issue de la bataille de Gallipoli, dans les Dardanelles.

À ce rythme, il m’a fallu presque trois ans pour écrire mes trois premiers tomes.

 

Avez-vous intégré les illustrations au fur et à mesure de votre rédaction ou l’avez-vous fait dans un second temps ?

J’ai intégré des illustrations au fur et à mesure de ma rédaction car, en plus d’enrichir mon propos, elles étaient source d’inspiration.

J’ai utilisé des photos familiales, des articles et photos de presse, des portraits de personnages célèbres, etc.

J’ai aussi inclus des dessins humoristiques, afin de continuer à capter l’attention de mes éventuels lecteurs.

modèle livre généalogie histoire famille

Mon livre étant réservé au cercle familial, je n’ai pas eu à me soucier d’éventuels droits d’auteur.

 

Avec quels logiciels avez-vous travaillé ?

Word pour la partie texte, ACDSee Pro 4 pour les photos, dessins et tableaux.

 

Comment avez-vous fait imprimer votre livre ?

J’ai découvert CoolLibri grâce à votre blog. Cet imprimeur toulousain a été suggéré par l’un de vos fidèles lecteurs. Leur logiciel est très facile d’accès, leurs modèles de couverture sont intéressants.

Le résultat a été très largement à la hauteur de mes espérances. J’avais quelques craintes pour le rendu de certaines photos anciennes retravaillées avec ACDSee Pro, mais le résultat est parfait, j’ai été bluffé. Tout est clair, net (quand l’original l’était, bien entendu).

 

Globalement, quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

J’ai longtemps cherché un imprimeur acceptant mes photos, mes dessins et le tout pour un nombre d’exemplaires limité. Je désespérais un peu quand la solution est venue en lisant votre blog.

 

Qu’avez-vous aimé dans cette expérience ?

Tout ! Élaborer son arbre généalogique est une expérience formidable, avec des moments intenses et passionnants.

Mes lectures historiques, elles, m’ont permis d’enrichir ce que j’avais en tête.

Mais le plus gratifiant pour moi, ce sont la surprise et le plaisir exprimés par les lecteurs de mon premier tome. Pour certains, ce livre a été une découverte. Ils ignoraient une grande partie du parcours de leurs propres parents.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux lecteurs du blog ?

Soyez pugnaces. La démarche et le résultat en valent la peine.

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11 réflexions au sujet de « « J’ai rassemblé tant d’histoires et d’informations qu’écrire s’est imposé » »

  1. Merci, toujours bien intéressant.
    Mais, je rève peut-être car il me semble déjà avoir pris connaissance de certaines réponses de l’auteur?
    Bonne continuation, pour notre plus grand bonheur, cordialement,
    Paul

    • Merci à vous, Paul. Certains éléments peuvent se retrouver dans plusieurs interviews, c’est sans doute ce qui vous donne cette impression.
      Alors merci pour votre fidélité !

  2. Parcours très intéressant 🙂 C’est amusant, j’ai également une anecdote avec mes AAGP qui ont vu Buffalo Bill à Metz en sept 1906, l’ayant loupé en 1890 à Strasbourg. C’était vraiment une attraction grandiose qui a marqué durablement les esprits en Alsace où depuis cow-boys et Indiens ont la côte en milieu rural.

    • Merci Antoine,
      voilà le genre d’anecdote ou de contexte qui insuffle un peu de rêve à une biographie familiale ! Et quand ce n’est pas Buffalo Bill, d’autres attractions ont pu faire pétiller les yeux de nos ancêtres et capter l’attention de nos lecteurs !

  3. merci de nous faire partager ce « travail »!
    découvrir la place de ses ancêtres dans la « grande Histoire » fabuleux!
    après avoir fait mon arbre généalogique ,et à la demande de mon neveu,je vais me lancer à l’écriture de l’histoire et des petites histoires de la famille.
    merci de vos conseils,ils vont bien m’aider.

    • Formidable, Monique, vous allez vivre une belle aventure ! Tenez-nous au courant 🙂

  4. Bonjour et merci Jean-Pierre car votre témoignage donne envie d’écrire !
    Un grand merci à Hélène pour votre blog et pour la qualité de votre travail ! Je suis en train de retranscrire les mémoires de mon père, de 1907 à 1951. J’y ai fait beaucoup d’ajouts personnels : documentation sur les événements historiques et beaucoup d’illustrations. Je voudrais y inclure également des photos d’archives personnelles, anciennes et de très petit format : je ne sais pas bien comment m’y prendre pour les mettre en valeur et/ou les intégrer dans le corps du texte.
    Bien amicalement
    Isabelle

    • Bonjour Isabelle,

      le mieux est de scanner vos photos petit format avec une résolution de 600 dpi, voire plus, puis de les agrandir.
      Ensuite, vous pouvez les intégrer dans Word ou en utilisant un logiciel spécifique pour la mise en page, tel Scribus.

      En espérant avoir répondu à votre question,
      Hélène

  5. Bonjour, un grand merci pour cet article passionnant et très motivant quand on voit l’échantillon de résultat!

    Questions à l’auteur, s’il nous lit: quel plan avez vous suivi par ancêtre / couple d’ancêtres ? Et comment avez-vous fait pour les ancêtres sur lesquels vous n’aviez que peu d’infos ? Avez-vous « meublé » avec du contexte historique ?

    Un grand merci!
    Thibaud

    • Bonjour Thibaud. J’ai opté pour l’histoire de chaque couple en démarrant de la naissance de chacun bien sûr, jusqu’à leur rencontre puis leur vie commune. J’ai illustré la première page avec leur portrait sous lequel j’ai simplement noté le lieu et la date de leur naissance ainsi que la date et le lieu de leur décès.

      Quand j’avais peu d’info ? J’ai cherché, exploité le plus petit indice. Une véritable enquête policière (voire archéologique) passionnante. A titre d’exemple, l’histoire de cet arrière-grand-père déclaré « disparu » lors du mariage de sa fille. La seule information dont je disposais était cette annotation sur l’acte de mariage de mes grands-parents : Père de la mariée déclaré disparu. A force de pugnacité j’ai fini par le retrouver grâce aux archives militaires de la ville de Paris. J’ai eu accès à son livret militaire qui m’a renseigné, sur son lieu de naissance, le lieu de son incorporation pour son service militaire, sur sa situation lors de la guerre 14-18 et, étape par étape, j’ai réussi à découvrir que le « disparu » s’était exilé à Londres en Grande-Bretagne. Information qui, à mon avis, n’a jamais été portée à la connaissance de sa fille, ma grand-mère, ni celle de mon père. Grâce aux archives numérisées il est par exemple facile de connaître le métier exercé par la personne. Certains métiers méritent d’être commentés, illustrés. Internet fourmille d’informations instructives. De 1650 à 1800 mes ancêtres étaient des Bourguignons charpentiers de père en fils. J’ai voulu en savoir plus sur cette profession dans cette région. Ceci m’a permis de comprendre pourquoi ces ancêtres ont tant voyagé en France.

      J’espère avoir répondu à vos questions. Bien cordialement.

      • Bonjour Jean-Pierre,

        Un grand merci pour votre réponse très claire et détaillée. C’est un petit pas de plus dans la structuration de ma pensée avant de m’y mettre 🙂

        Bien cordialement,
        Thibaud.

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